Etre ému

Posté le 28 mars 2006 dans L'école, Mots d'enfants par Aurore

Tristan en uniforme Tristan revenant de l'école alors qu'il a étrenné son uniforme: «La maîtresse était émue de me voir dans les habits comme les autres enfants»!

Aurore : « comment sais-tu qu'elle était émue ? Et puis d'abord, tu sais ce que ca veut dire ?? »
Tristan  : « Oui !! Emu, c'est quand on est tellement content qu'on pleure ! »  

 

 

 

 

 

 

Cours de Mosaique à TISB

Posté le 24 mars 2006 dans Bangalore_Inde, L'école par Aurore

Ce matin, j'ai rendez-vous à l'école pour animer un atelier de mosaïque pour les enfants de KG1 (équivalent 2nd section de maternelle) 
Je me suis retrouvée en face de 13 petits monstres de plusieurs nationalités (Indiens, Allemands, Américains, Français, Britanniques et Japonais).
Il était fascinant de constater à quel point certains traits de caractères sont innés :

  • les petits japonais ont fait un travail d'une précision et d'une finesse admirable. Ils étaient les seuls à venir me demander de recouper les « tesselles »  
  • Les indiens ont été les moins précis. Ma cousine, grande voyageuse et adepte de l'Inde, a une expression favorite « c'est fait à l'indienne »…J'en ai compris  tout le sens ce jour là ! 

Je suis ressortie épuisée de cette épreuve mais les enfants étaient ravis et j'ai du y retourner le lendemain pour animer une autre classe.

Le dragon pollution

Posté le 20 mars 2006 dans Contes du Monde par Aurore

La méchante sorcière « Electra » avait un animal de compagnie : l’horrible dragon « pollution ».
C’était un énorme Dragon noir et rouge qui s’envolait régulièrement dans les airs en soufflant par les narines de l’air fétide.
A cause de lui, la ville était affligée de maux supplémentaires : une eau saumâtre et une pollution épouvantable.
La nuit, le dragon se désaltérait dans les nappes phréatiques et les polluait avec sa salive venimeuse. Ainsi, l’eau n’était pas potable.
Les petits occidentaux nouvellement arrivés devaient donc apprendre à ne pas boire l’eau du bain et à ne plus se brosser les dents avec l’eau du robinet …. Ce qu’ils oubliaient régulièrement, générant ainsi l’inquiétude de leur Maman.
(Mais où est la Générale de Eaux ?)
Les cuisines devaient être équipée d’un ‘Aquagard’ (filtre à eau) afin de fournir  un eau filtrée pour cuisiner et laver les légumes.
Par ailleurs, lorsqu’il soufflait le feu par les narines, le méchant Dragon répandait sur la ville une nappe de pollution terrible.
Ainsi, les engrais et les insecticides étaient tellement polluants que les fruits et légumes devaient tremper deux heures dans une solution à base de permanganate de potassium (afin de les débarrasser des engrais et dépôts toxiques) pour être ensuite rincés  2 ou 3 fois à l’eau filtrée… ce qui rendait la vie des Mamans bien compliquée au retour du marché !
Copyright , Octobre 2006

La sorcière Electra

Posté le 17 mars 2006 dans Contes du Monde par Aurore

Il était une fois, une grande ville surnommée « la silicon vallée indienne ».  Cette ville était mondialement connue pour ses sociétés  de services informatiques et ses laboratoires pharmaceutiques.
 Toutefois, une méchante sorcière avait jeté un sort sur la ville qui, du fait de la faiblesse de ses infrastructures, ne pouvait fournir toute l’électricité nécessaire aux activités de la ville.
Ainsi, tous les soirs et les week-ends, les pauvres habitants subissaient des coupures d’électricités (qui pouvait durer des Dimanches entiers).
Ces coupures d’électricité terrifiaient les enfants occidentaux nouvellement arrivés et peu habitués à ce genre de phénomène (dés que l’appartement se retrouvait dans le noir, les petits occidentaux hurlaient de terreur …. Car leur Maman n’avait pas encore acheté de bougies).
Pour rajouter à ce malheur, la méchante Electra avait ajouté des surtensions permanentes à la distribution d’électricité. Ainsi, tous les appareils électriques pouvaient griller s’ils n’étaient pas connectés à un onduleur.
Les pauvres occidentaux arrivant se faisaient toujours avoir par ce phénomène et cassaient ainsi tous leurs coûteux équipements.

Alors Petits Français raleurs n’oubliait pas de dire merci à EDF qu’une bonne fée protège des surtensions et des coupures constantes. Chez vous, l’électricité est un du : ce n’est pas le cas en Inde. Le week-end les particuliers Indiens  n’ont pas droit au confort électrique afin d’assurer la productivité des usines et des sociétés de service en semaine !

Copyright Aurore Lafougére Aumaître, Octobre 2006

Attaque du chat sauvage

Posté le 4 mars 2006 dans Bangalore_Inde, La maison par Aurore

Premier weekend end dans notre nouvelle maison.
C'était un de ces matins parfaits où je me lève avec une sensation de bonheur absolu, en me disant que j'ai  de beaux enfants, un super mari et une fabuleuse maison.
Je descends fièrement l'escalier somptueux de notre maison 130. Mon regard balaye la pièce centrale avec satisfaction…. Et revient se poser sur le tapis où trône une immonde crotte marron foncée !
Sursaut d'indignation !!!
Au même moment, une ombre fauve traverse la salle à manger.
Je me précipite à sa poursuite et découvre un chat fou en  train de monter aux moustiquaires et aux rideaux, les oreilles rejetés, les yeux exorbités et crachant rageusement.

Je hurle « Maaaaaaaaaaarcooooooooooo, y'a un chat sauvage dans la maison. »
J'entends Marco se lever avec fracas
Je cours ouvrir la  baie vitrée afin que le chat  dispose d'une sortie…mais cet abruti de chat monte les escaliers.
Je hurle « Maaaaaaaaaarco, le chat va crever les yeux des enfants ! »
Le chat redescend aussi vite qu'il est monté (on se demande pourquoi ?) et trouve enfin la sortie !
 Alors une pensée sinistre m'envahit … je me précipite vers notre  jambon sec : celui que j'ai choisi avec amour dans un Carrefour du 94, celui qui a fait 2 mois de bateaux, qui a résisté à la chaleur et qui est arrivé indemne à bon port !
Il a été odieusement entamé par le chat !
Je suis folle de rage !
Je hurle « Maaaaaaaaaaaaarcoooooooo, le chat a bouffé le jambon ! »
Marco apparaît dans l'escalier et regarde d'un air outré la crotte de chat « qu'est ce que c'est ? ».
Moi « ben tu vois, c'est ce salopard de chat. Tu ramasses ? »
Lui « pourquoi moi ? »
Moi « parce que   moi, je ne peux pas !!! ».
Pendant ce temps, je mène mon enquête et découvre que le chat a réussi à décoller la moustiquaire de la cuisine pour entrer.
Dégouté, Marco ramasse la crotte et découpe les parties du jambon mangées par le chat !
Voilà, c'était notre premier Samedi à la nouvelle maison.
JE HAIS LES CHATS INDIENS !

Les effets de la mondalisation

Posté le 3 mars 2006 dans Bangalore_Inde, Sociétés par Aurore

Pour un Français moyen, la mondialisation signifie les délocalisations d'emplois et l'invasion du marché Européen par les textiles chinois …… Et pourtant, j'ai pu constater que le phénomène de mondialisation fonctionnait dans les deux sens.
La preuve :

  • Nestlé est omniprésent sur le marché indien. Dés que vous cherchez du lait ou des yaourts pasteurisés, c'est l'une des seules marques disponible.
  • Tout magasin vendant des produits occidentaux (et notamment les enseignes « Health & beauty ») affichent fièrement des stands « L'oreal ». Les prix sont très élevés pour le marché indien et largement supérieur au principal concurrent américain « Revlon ». Mais les indiennes de la classe moyenne sont prêtes à payer ce prix … parce qu'elles le valent bien ! Et surtout parce que les minuscules packagings rendent les prix plus accessibles!!
  • Les magasins et les marques de cuisine italienne ont envahi Bangalore et tout indien aisé se doit de présenter une cuisine conçue selon les standards italiens (mais parfois, ils font de grosses boulettes : j'ai vu une maison superbe avec cuisine américaine et un îlot central de cuisson …. Mais sans hotte. Quand on sait que la base de la cuisine indienne est l'oignon frit …. Bonjour les odeurs !!!!)
  • Les laboratoires pharmaceutiques sont également très présents : en allant à la pharmacie pour acheter une crème pour piqûre d'insectes, le pharmacien m'a refilé un tube estampillé « Aventis ». Et dans le cabinet du pédiatre trône un calendrier « Sanofi Pasteur ».
  • Pampers est le leader sur le marché de la couche (suivi de loin par huggies) et propose des prix supérieurs aux prix européens, ce qui est énorme pour le consommateur indien ! La norme sur le marché reste la couche lavable (vous savez, le carré de coton qu'utilisait nos grands-mères !) ou le cul nu !
  • Lafarge s'attaque au marché florissant de la construction en vendant des tuiles. Après 1 an  de présence, le carnet de commande est déjà complet et l'usine n'arrive déjà plus à produire les énormes stocks demandés.
  • Mon plus grand étonnement a été de voir affiché dans tous les restaurants « ticket restaurant » ou « sodexho » !!! La valeur faciale du ticket restau est ici de 10 à 25 roupies (sachant que 1 € = 50 roupies, ça vous donne une idée du niveau de vie.)
  • Le centre commercial « The forum » (le temple de la consommation à Bangalore : 4 étages superbes et 13 cinémas !!!) présente une multitude d'enseignes internationales telles que « united colors of Benetton », « nike », « zwaroski », « Bose ».

Bref, tous ces exemples vous démontrent que les enseignes ou multinationales ont bien compris l'intérêt de pénétrer le marché indien (2nd marché en terme de population après la Chine).
Le pouvoir d'achat est encore faible et les consommateurs se limitent à une petite classe aisée ou une classe moyenne en très forte croissance, surtout dans une ville comme Bangalore.

Une arrivée impromptue…qui fracasse une porte

Posté le 1 mars 2006 dans Bangalore_Inde, La maison par Aurore

J'ai rendez vous avec une française de passage à Bangalore.
Après notre rendez-vous, je lui propose de passer à Palm Meadows pour voir notre maison et découvrir le quartier.
Arrivé au bout de notre rue, je vois 2 camions garés devant chez moi.
Un doute m'assaille : serait-ce notre container ?

Méfiante, je demande au  Chef (en inde, il y a toujours un chef !) ce qu'il se passe.
Ravi, il me répond : « mais Madame, ce sont vos effets personnels ».
Moi : « oui mais personne ne m'a prévenue, je n'étais pas censée passer à la maison aujourd'hui »
Lui : « mais ce n'est pas grave Madame, nous aurions attendu toute la journée et serions revenus demain ».
Soupir consterné, je fais le calcul mental du coût de revient de la journée perdue (à noter que 10 déménageurs sont assis par terre en train d'attendre !).
Soupir suivi d'un instant de panique : je n'ai pas mon super fichier Excel qui liste tous les cartons avec le contenu et la pièce de destination.
Je demande au chauffeur d'aller chercher le fichier magique au bureau et dans le même temps je SMS à Marco.

Marco sort d'une importante réunion avec la RH  pour aller imprimer mon fichier.
Afin d'optimiser son déplacement, il s'arrête aux toilettes et, au moment de ressortir, il découvre que la porte est bloquée !
Il monte sur la cuvette pour voir si quelqu'un est là : personne ! Il appelle…aucune réponse !